Le 6 mars 2026, dans l’enceinte feutrée du Cercle Elaïs à Kinshasa, des responsables publics, des partenaires techniques et des acteurs du secteur agricole se sont retrouvés autour d’une question devenue centrale pour l’avenir rural de la République démocratique du Congo : comment améliorer durablement les conditions de vie des petits producteurs tout en freinant la pression croissante sur les forêts.
La deuxième session ordinaire du comité de pilotage du projet One Acre Fund s’est tenue sous la présidence de Benjamin Toirambe Bamoninga, Secrétaire général à l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire. Cette rencontre de travail a réuni les partenaires impliqués dans plusieurs initiatives agricoles soutenues dans la province du Kongo Central, un territoire où les enjeux de production vivrière, de sécurité alimentaire et de gestion des terres agricoles se croisent avec ceux de la conservation forestière. Selon les informations partagées lors de cette réunion, les échanges ont essentiellement porté sur l’examen des activités déjà mises en œuvre et sur la validation des orientations programmatiques pour l’année à venir. Les participants ont notamment discuté des mécanismes destinés à améliorer l’accès structuré des agriculteurs aux intrants agricoles — semences améliorées, engrais ou équipements — un levier souvent identifié comme déterminant pour augmenter la productivité des exploitations familiales.
D’après plusieurs observateurs du secteur agricole, l’un des défis majeurs pour les zones rurales congolaises reste en effet la faiblesse des chaînes d’approvisionnement. Dans de nombreuses localités, les producteurs travaillent encore avec des outils rudimentaires et des semences traditionnelles, ce qui limite les rendements et pousse parfois les agriculteurs à étendre les surfaces cultivées au détriment des espaces forestiers. C’est précisément dans ce contexte que les partenaires institutionnels réunis à Kinshasa cherchent à renforcer des modèles agricoles considérés comme plus durables. Les discussions ont ainsi mis en avant la promotion de systèmes de production sédentaires et résilients, une approche qui vise à stabiliser l’agriculture paysanne sur des parcelles déjà exploitées plutôt que de recourir à l’ouverture de nouvelles terres.
Les initiatives examinées s’inscrivent dans le cadre de deux programmes conduits dans la province du Kongo Central. Le premier concerne le Projet d’Agriculture sans Déforestation de petites exploitations dans le Kongo Central (PAZD), mis en œuvre avec l’appui du CAFI-FONAREDD. Ce programme cherche à concilier intensification agricole et préservation des écosystèmes forestiers, dans une région où l’expansion des cultures vivrières figure parmi les facteurs de dégradation des paysages.
Le second programme discuté lors de cette session porte sur le Projet d’approvisionnement en intrants agricoles et de sédentarisation de l’agriculture paysanne dans le Kongo Central (PAPS). Selon les acteurs impliqués, cette initiative ambitionne de structurer l’accès des agriculteurs aux intrants tout en accompagnant une transformation progressive des pratiques agricoles. À en croire certaines analyses présentées au cours de la rencontre, la combinaison de ces approches pourrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire locale tout en limitant la déforestation liée à l’agriculture itinérante. Une équation particulièrement sensible dans un pays qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde et où la pression démographique sur les terres agricoles continue de croître.
Pour plusieurs spécialistes des politiques agricoles interrogés en marge de ces discussions, la réussite de ces initiatives dépendra toutefois de la capacité à accompagner concrètement les petits exploitants sur le terrain. L’accès aux intrants, la formation technique et l’organisation des circuits d’approvisionnement restent, selon eux, des éléments déterminants pour que ces programmes produisent un impact durable dans les villages.
Dans les zones rurales du Kongo Central, où l’agriculture constitue la principale source de subsistance pour des milliers de familles, l’amélioration de la productivité agricole apparaît de plus en plus comme une condition essentielle pour réduire la pauvreté et stabiliser les territoires. La session du comité de pilotage a ainsi permis de réaffirmer la volonté des partenaires institutionnels de poursuivre ces efforts, tout en définissant les priorités pour l’année à venir. Si les résultats concrets devront encore être évalués sur le terrain, cette rencontre marque, selon plusieurs participants, une étape stratégique dans la coordination des initiatives agricoles visant à concilier production vivrière, sécurité alimentaire et préservation des ressources naturelles dans la province du Kongo Central.
Par kilalopress


